« Centre mondial informatique et ressource humaine », Led-Micro hors série n° 4, novembre 1983, 8 pages.

Texte intégral

« Si tu ne viens pas a la micro... »

Centre mondial informatique et ressource humaine

« L'histoire humaine ne commencera que lorsque l'homme s appropriera l'Univers par la science, l'action et le rêve ». Cette citation de Jean Jaurès figurant en seconde page de la brochure du Centre Mondial Informatique et Ressource Humaine est à la base de l'enquête menée par Led-Micro. Nous savions que la Science était présente dans cet organisme. Le rêve : nous pouvions soupçonner sa présence à travers la dénomination même du centre et le souvenir des déclarations d'intention formulées au moment de sa création. Mais l'action ? Nous sentions flotter autour de nous une certaine méconnaissance, généralisée, à propos des réalisations du Centre. C'est ce qui nous a décidé à pousser la porte... Nous invitons nos lecteurs à découvrir avec nous cet organisme dont l'existence est lice à la volonté politique de préparer la société à la nouvelle révolution industrielle. « Ce que nous comprenons nous appartient » (Jean-Paul Sartre) est une autre devise du Centre Mondial. Et nous avons voulu que le Centre soit un peu la propriété de chacun...

C'est au numéro 22 de l'avenue Matignon, dans le VIIIe arrondissement, que se dresse la façade moderne - de verre fumé et de pierres taillées - du Centre Mondial Informatique (C.M.I.). Le bâtiment est de taille modeste. Vous poussez la porte et vous entrez dans un vaste hall ; sur votre gauche : une quinzaine de micro-ordinateurs autour desquels s'affairent un groupe d'enfants et d'animateurs. Impressionnant ! Le néophyte adulte a la sensation d'être sur une autre planète ; pauvre individu de l'ère pre-informatique projeté dans le futur. Il a envie de reculer, de fuir...

Qu'il n'en fasse rien ! Le Centre Mondial a été créé pour aider chacun à lutter contre cette attitude de repli : des animateurs sont là pour lui apporter des explications. Tous ceux qui entrent sont comme lui, ignorants ou quasi-ignorants de la réalité microinformatique ; mais bientôt, comme tous, il pourra s'installer lui aussi face à l'écran, les doigts posés sur le clavier du micro-ordinateur : timide certes, comme un jeune homme au temps des premières caresses, mais heureux de célébrer ses fiançailles avec le futur.

La suite ? Comme beaucoup il reviendra au C.M.I. pour en savoir plus sur les clubs de sa région, ou sur les organismes de formation qui feront de lui un amateur éclairé (voire un professionnel), ou sur le matériel qu'il aura déjà décidé d'acheter. La microinformatique fera désormais partie de sa vie.

Les milliers de personnes, enfants et adultes, qui ont suivi ce processus depuis l'ouverture du centre suffiraient à démontrer l'utilité du 22 de l'avenue Matignon. Mais cet aspect-là, pour être le plus connu du public, n'est que la partie visible de l'iceberg. Le Centre Mondial Informatique et Ressource Humaine est un organisme bien plus complexe, et ses actions ont largement dépassé le stade de l'atelier parisien.

DEMOCRATISER, EXPERIMENTER, CHERCHER

C'est en mars 1982, il y a dix-huit mois, qu'a été installé le C.M.I. dans ses actuels locaux. Durant la première année la mise en place des projets et la définition des objectifs l'ont entouré d'un voile de discrétion. L'absence d'opérations marquantes ont éloigné l'intérêt des médias. Et ce n'est que depuis cet été que l'attention se porte sur lui, après les premières actions.

La véritable période de démarrage ne fait donc que commencer. « 1984 sera la première année de plein exercice du Centre Mondial » annonce d'ailleurs la nouvelle version de la brochure de présentation, bientôt disponible.

Trois grands objectifs ont été fixés au C.M.I. : démocratiser l'usage de l'informatique et diffuser la culture informatique ; expérimenter les réactions sociales face à l'informatisation ; favoriser une coopération scientifique intérieure et internationale.

C'est du premier de ces objectifs, celui qui nous touchera tous avec le plus de rapidité, que nous parlerons dans ce premier article.

Mais d'abord il nous faut parler des deux grandes opérations lancées par le Centre Mondial en 1983 : « Un été pour l'avenir » et le programme « V.F.I. » (Volontaires pour la Formation à l'Informatique).

Le microclimat de l'été...

L'idée de base de l'opération « Un été pour l'avenir » était, pour ses promoteurs, de « faire passer un été intelligent » à un maximum de personnes. Ne pouvant s'échapper dans l'espace (contrôle des changes oblige !), ces volontaires pourraient au moins se projeter dans l'avenir...

Mise en place rapidement au cours du mois de juin, l'opération a tout de même été un succès: 228 centres ont ouvert leurs portes et permis à près de 200 000 personnes de découvrir la micro-informatique.

Installés dans des établissements scolaires pour 70 d'entre eux (c'est la première fois que l'Éducation Nationale ouvre ainsi ses portes en période estivale), mais aussi dans des MJC, centres de loisirs et colonies de vacances (132) ou dans des villages vacances (26), les centres retenus étaient ceux disposant d'un local et d'un encadrement.

Une dotation de mille TO.7 (Thomson) avait été faite par la DIELI (Ministère de l'Industrie), l'Agence de l'Informatique (A.D.I.), l'Éducation Nationale (qui avait avancé ses achats de quelques semaines) et le Centre Mondial. La DATAR apportait, pour sa part, la dotation budgétaire pour la rémunération des animateurs, et le Ministère du Temps Libre ses connaissances du terrain, pour le choix des centres. Un stage fut rapidement mis en uvre à l'Institut National d'Éducation Permanente (INEP) de Marly-le-Roi, dans les Yvelines. Il était destiné à former les animateurs. Ce fut sans doute le point le plus difficile de l'opération : certains animateurs découvraient eux-mêmes la microinformatique et, malgré leur bonne volonté, ne purent permettre aux personnes fréquentant leurs centres de dépasser le stade des jeux.

Malgré ces problèmes, liés à la rapidité de mise en place de l'opération, celle-ci connut un succès remarquable puisque 55 % des personnes ayant participé à un atelier ont appris à programmer durant leurs vacances !

L'intérêt le plus marqué pour la fréquentation de ces centres venait de personnes travaillant déjà dans un environnement informatique mais cantonnés à des travaux de saisie : ces stages leur ont permis de découvrir une machine intelligente et d'apprendre à dialoguer avec elle et à créer.

Côté animateurs, l'enthousiasme le plus fort est venu de ceux qui s'adressent à des couches sociales défavorisées, car ils avaient là un outil performant qui a su intéresser leur clientèle.


Au 22 de l'avenue Matignon, la façade moderne du Centre Mondial,
voisine des Galeries d'art. Un symbole ?

Des crédits spéciaux aux municipalités

Le 15 septembre, le rideau est tombé sur « Un été pour l'avenir ». Les ordinateurs ont été repris, au grand dam des centres de loisirs, pour retrouver leur destination première auprès des ministères de la Formation Professionnelle, du Temps Libre, de la Jeunesse et des Sports, et de la Culture. Mais pour le Centre Mondial, cette opération réussie s'est aussitôt traduite par une réaction en chaîne : intéressées par l'expérience, de nombreuses municipalités ont assailli de questions Mme VALOT, responsable des Relations Extérieures du C.M.I., pour savoir comment organiser de tels centres d'initiation dans leur propre commune.

Face à cet engouement (plus de 150 appels de ce type au 15 octobre), le Centre Mondial est en train de réaliser une brochure d'informations sur les matériels, les stages de formation d'animateurs, l'organisation de tels lieux de rencontre...

La Caisse des Dépôts et Consignations s'est aussi décidée à rentrer dans le jeu en proposant des prêts spéciaux à 10 %, sur 5 ans, aux communes. Seule condition : acheter du matériel français (TO.7, Goupil III, Leanord Sil'Z 16 et Penta 8 micro, en kit).

Les retombées de cette opération estivale sont donc très encourageantes, et elle sera renouvelée en 1984. Sa préparation débutera en janvier.

Les V.F.I. : au clavier, citoyens ?

Deuxième grande action où le Centre Mondial est investi, l'opération « Volontaires pour la Formation à l'Informatique » (V.F.I.) est encore fraîche dans les esprits : le lancement récent de cette force de frappe informatique a été répercuté dans tous les médias. Il est pourtant utile, pour en comprendre l'importance, d'en détailler les différents aspects.

L'origine du projet remonte à novembre 1982. C'est une émanation de la Conférence des Grandes Écoles et du Centre Mondial, où il est placé sous la responsabilité du Professeur Erol GELENBE.

La phase active est maintenant engagée. 400 jeunes (sur 1 200 candidats), volontaires du contingent incorporés le 1er août ou le 1er octobre, ont été sélectionnés pour devenir « V.F.L. ». Ils reçoivent deux mois de formation (pédagogique et informatique) avant d'aller rejoindre les sites mis en place dans les universités et les écoles .

Leur rôle est d'intervenir auprès de jeunes gens et de les former à l'informatique. Cette action est dirigée dans deux axes : d'une part, la réinsertion culturelle et scolaire de jeunes de 16 à 18 ans, d'autre part, la formation et la qualification technologique de jeunes de 16 à 25 ans. Cette qualification pouvant atteindre trois niveaux : C.A.P. ; programmeur ou technicien d'application ; « double compétence », à savoir une formation informatique venant se greffer à une qualification d'origine.

Le statut des V.F.I. sera assimilé à celui des appelés scientifiques du contingent et il leur sera versé une allocation (50 % du Smic) pour leurs frais de logement et de nourriture.

En dehors de ces formateurs d'un nouveau genre, l'opération fait appel à de nombreux acteurs sociaux et économiques :

  • les syndicats, dont le rôle d'information et d'orientation des chômeurs vers les centres sera important ;
  • les sociétés de services en informatique, qui seront associées à la sélection des jeunes chômeurs admis dans les centres, dans la mesure où elles sont en première ligne pour embaucher ces nouveaux diplômés ;
  • les Chambres de Commerce et d'Industrie : leur action économique régionale les met au premier rang des institutions pouvant prendre l'initiative de création et de gestion de tels centres ;
  • les mairies, les fédérations Léo Lagrange, les foyers de jeunes travailleurs, qui peuvent intervenir à plusieurs niveaux: information et création de centres ;
  • les universités et grandes écoles d'une même zone géographique, qui seront associées au fonctionnement d'un C.F.F. (Centre de Formation des Formateurs) régional.

Quant à l'intérêt des jeunes chômeurs pour l'opération, il semble déjà assuré: une seule intervention de Jean-Jacques Servan-Schreiber à la télévision pour présenter les V.F.I. a provoqué le dépôt de 3 000 candidatures?


Montrer Le Chemin...

Pour les V.F.I. comme pour « Un avenir pour l'été » la plus grande difficulté du Centre Mondial se trouve dans la coordination des nombreuses structures qui gravitent autour des projets. Une difficulté à la mesure des paris engagés, à savoir la sensibilisation de toutes les strates de la société au défi que constitue l'introduction de la micro-informatique dans la vie quotidienne.

Ce travail en profondeur, complexe, peu spectaculaire, est sans doute la meilleure raison d'être du C.M.I. à ce jour. Que sont les 200 000 personnes ayant découvert la microinformatique et ayant appris à programmer, à côté des quelques centaines de responsables économiques et sociaux qui prennent peu à peu conscience du rôle déterminant qu'ils ont à jouer ? Ce sont eux qui prendront le relais des actions de formation engagées par le Centre Mondial, à tous les niveaux : le facteur de multiplication portera alors à plusieurs millions les personnes touchées par le phénomène.

Le rôle du Centre Mondial est dès cet instant bien défini : il doit montrer le chemin de la démocratisation et enclencher les mécanismes de formation.

Un rôle qui se poursuivra avec la mise en place d'autres projets, dirigés vers la population féminine (on note une désaffection importante de celle-ci à partir de 13-14 ans) ou le milieu carcéral, actuellement à l'étude.

Un soutien scientifique

Derrière l'action politique et sociale du C.M.I., l'activité de recherche est très importante. C'est elle qui doit permettre au centre de rester le creuset d'idées et de découvertes, qui donnera tout son dynamisme au défi engagé.

C'est pourquoi l'activité de sensibilisation à la micro-informatique est soutenue par deux groupes de recherche : Formation et Apprentissage.

Le premier se penche sur les problèmes de contenu des stages la définition des matériels pédagogiques que nécessitent ces mêmes stages, suivant qu'ils sont conçus pour la réinsertion, la qualification professionnelle ou la formation des formateurs.

Il étudie aussi les problèmes d'architectures de réseaux locaux posés par la connexion de l'ordinateur personnel à des réseaux publics. Il travaille enfin à la mise en uvre de didacticiels (cours programmés, outils de création de support de cours,...) et de bases de données où la recherche se ferait en langage quasi-naturel.

Le groupe Apprentissage s'intéresse plus particulièrement aux problèmes d'éducation scolaire, depuis la maternelle jusqu'au secondaire et à l'enseignement supérieur.

Il poursuit les projets suivants :

  • « ALE » : apprentissage de la langue écrite chez de jeunes enfants de 3 à 7 ans.
  • « EPMO » : observation des attitudes en école primaire d'enfants ayant suivi une formation assistée par le micro-ordinateur en maternelle.
  • « HALL » : observations des attitudes et de la fréquentation du public dans les centres de formation et les ateliers de micro-informatique.
  • « APALOG » : analyse des processus de résolution de problèmes chez trois enfants de 7, 10 et 15 ans apprenant à programmer avec Logo.

Son rôle est l'observation des attitudes individuelles face à l'enseignement de/et avec la microinformatique. Il doit pouvoir, à partir de ses constatations, aider à une meilleure efficacité des méthodes préconisées par le groupe Formation.

Du rêve à la réalité !

En conclusion, le rôle du Centre Mondial après 18 mois d'activité, nous semble plus clair aujourd'hui : il doit être la courroie d'entraînement de tout un processus d'appropriation sociale de la micro-informatique. Pour cela, il a recréé en son sein toute la chaîne, depuis la recherche jusqu'à l'application pratique. Mais il s'agit encore d'uvrer pour que cette chaîne expérimentale soit relayée à tous les niveaux de la société.

Ce relais ne saurait se trouver sans une prise de conscience collective et c'est un peu notre affaire à tous.

D'autant que le Centre Mondial n'a pas limité ses objectifs à cette action de formation sur le territoire français. Il a la volonté de créer un réseau mondial (voir notre encadré à ce sujet), et a mis sur pied des programmes de recherche scientifique et d'expérimentation sociale dont l'ambition est grande, comme nous le découvrirons dans le prochain article...

Attention, danger !

Passer du rêve à la réalité, pour pousser plus loin encore le rêve... Le Centre Mondial Informatique et Ressource Humaine démarre apparemment avec une souplesse et une attitude décentralisatrice encourageantes.

Souhaitons-lui seulement de trouver toujours les relais nécessaires, afin qu'il ne soit pas tenté de s'égarer sur les chemins d'une autogestion boulimique des structures nécessaires à sa politique. Une charge qui en ferait vite un monstre inerte et inefficace...

Cédric Jouffroy

Renseignements pratiques
Centre Mondial Informatique et Ressource Humaine
22 avenue Matignon, 75008 Paris

Led-Micro remercie le président et le personnel du Centre Mondial pour l'accueil qu'ils ont réservé à son représentant.

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Jean-Jacques SERVAN-SCHREIBER répond à Led-Micro

LED. Le Centre Mondial affiche la volonté d'aider au passage de notre société à l'ère informatique. Il intervient pour cela auprès de nombreux interlocuteurs, à l'intérieur du territoire et sur la scène internationale, pour lancer des opérations d'appropriation de l'informatique ou de coopération scientifique...

Avec 11 membres du gouvernement sur 32 membres que comporte son conseil d'administration, n'a-t-il pas du mal, parfois, à justifier son indépendance du pouvoir politique ?

Si la politique choisie pour le développement de l'informatique dans la société française venait à s'éloigner de la démarche humaniste que vous défendez, quelle position critique pourrait alors adopter le C.M.I. ?

JJSS. Le Centre Mondial n'a pas une vocation à être un organe critique. Il est là pour appuyer en toutes circonstances et avec la meilleure efficacité une politique de diffusion de la culture informa tique, en dehors de tout esprit partisan et quel que soit le gouvernement.

En ce qui concerne le président du Centre, il est entièrement libre de ses actions et de sa parole. Et d'ailleurs, le Centre Mondial ne dépend pas de la personne même de son président.

LED. Dans le cadre des accords internationaux, de conseil ou de formation, le C.M.I. se refuse à toute attitude commerciale nationaliste. En uvrant pour tisser un réseau mondial d'échanges de connaissances et de savoir-faire, politique soutenue par un idéal planétaire, peut-il garantir que d'autres puissances économiques ne profiteront pas de la couverture philosophique ainsi offerte pour développer une sournoise politique néo-colonialiste ?

JJSS. Le Centre Mondial ne peut rien garantir de cette nature. Et ce n'est pas son rôle.

La seule garantie appartient aux peuples eux-mêmes. Le jour où chaque population se sera approprié l'ordinateur individuel et sera branchée sur les réseaux et les banques de données, ce sera la fin des impérialismes et des néo-colonialismes. Sur tous les continents.

Nous ne pouvons que parcourir une petite étape de cette grande trajectoire dont nous ne connaissons pas les détours, les difficultés et la date d'avènement.

LED. Dépassons, si vous le voulez bien, le cadre de l'action quotidienne du C.M.I. et de son président et plongeons vers le rêve, que Jean Jaurès n'avait pas oublié dans la formule dont vous avez fait une devise Quels sont aujourd'hui les souhaits les plus chers du président, concernant l'avenir du Centre Mondial, à court, à moyen et à long terme ?

JJSS. L'action quotidienne, comme vous dites, du président du Centre Mondial se confond chaque jour avec, non seulement, ses souhaits mais sa volonté de diffuser la culture informatique dans toute la population et non pas à une mince élite.

Et dans tous les pays du monde et non pas dans le petit noyau des pays anciennement développés et qui sont aujourd'hui, à pied d'uvre, à égalité avec ce que l'on appelle le Tiers Monde.

Encadré page 4

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Actions internationales

Depuis sa création, le Centre Mondial Informatique a multiplié les contrats avec les pays développés et les pays du Tiers-Monde. Le but qu'il poursuit est la mise en place d'un réseau mondial d'échanges et de transferts de connaissances, dans le sens Nord-Sud notamment. Parmi les pays développés, le Japon a annoncé la création d'un centre similaire au C.M.I. de Paris ; plusieurs états canadiens ont établi des liens directs avec l'avenue Matignon, et aux États-Unis c'est surtout avec la Carnegie Mellon University de Pittsburg que des contacts étroits ont été liés (M. Raj Reddy, directeur de l'institut de robotique de cette université est aussi directeur scientifique du C.M.I.).

Avec le Tiers-Monde, de nombreux contacts ont été pris, débouchant sur des expériences pratiques (Dakar, par exemple) ou sur une activité de conseil (accord avec la Colombie de février 1983, pour le programme « Université à distance » et la création d'un Centre Mondial). Mais c'est surtout vers la formation que les efforts porteront en 1984, à la demande de plus de quinze pays :

­ Accueil et intégration de 20 à 30 stagiaires étrangers répondant à des critères de compétence, de niveau de formation et de compatibilité avec les activités du Centre.

­ Organisation de séminaires internationaux sur des thèmes précis.

­ Diffusion de la microinformatique dans les pays du Tiers-Monde ou dans des régions défavorisées de grands pays industriels, sous la forme de création de lieux d'initiation à la microinformatique. La formation des animateurs se fera par stages organisés sur place ou au Centre de Paris.

Encadré page 5

Fréquentation du centre mondial de paris Pourquoi pas vous ?

Bien que les animateurs de l'Atelier du Centre Mondial soient déjà bien occupés et n'aient pas besoin de publicité, nous ne pouvons pas parler du C.M.I. sans dire un mot sur leur activité. Des milliers de personnes sont déjà venues au 22 avenue Matignon découvrir la micro informatique. Beaucoup de groupes (écoles, centres aérés, associations...) mais aussi de nombreux visiteurs individuels. Une évaluation a été faite au mois de juin 1983 à partir de 615 questionnaires de visiteurs venus individuellement. Cette évaluation, qu'il n'est pas besoin de commenter est publiée par Led-Micro, telle que Madame SAUBOT, qui dirige l'atelier, nous l'a communiqué :

Sexe

  • Minorité féminine : 27 %

Age, formation

  • Age scolaire :
    • Primaire : 10 %
    • Secondaire : 59 %
    • Formation professionnelle : 4 %
  • Adultes :
    • – 19 à 25 ans : 15 %
    • – 26 à 40 ans : 10 %
    • – 41 à 60 ans : 3 %
  • 50 % des adultes sont de formation supérieure.

Milieu socioculturel

  • Si enfants milieu familial
  • Si adultes catégorie professionnelle :
  • Cadres : 35 %
  • Chefs d'entreprise et prof. Libérales : 15 %
  • Ouvriers et employés : 14 %
  • Commerçants : 3%

Localité

Paris : 52 % Paris-Ouest (8, 15,16,17,18) est le plus représenté avec 44 % des parisiens Paris-Nord-Est (19, 20) et Paris-Centre (1, 2, 3, 4) sont les moins représentés. Proche banlieue : 34 % Grande banlieue : 5 % Province : 5 % Étranger : 2 %

Date de début

  • 30 % viennent depuis au moins trois mois.
  • 70 % depuis moins de deux mois.

Fréquence

  • 37 % viennent au moins une fois par semaine.

Parmi lesquels la moitié vient plus de deux fois par semaine.

  • 40 % viennent pour la première fois.

Motivation

  • 39 % aspirent à se former en informatique.
  • 15 % désirent s'informer sur les possibilités de l'informatique.
  • 28 % sont poussés par la curiosité.

Connaissance du C.M.I.

  • 44 % en ont entendu parler par leurs amis ou relations professionnelles.
  • 17 % en ont pris connaissance par leur famille.
  • 16 % par la presse écrite.
  • 11 % par la télévision.

Connaissances en informatique

  • Aucune : 42 %
  • Quelques connaissances : 47 %
  • Très bonnes connaissances : 6 %

Matériel à disposition (foyer, école, lieu de travail)

  • Micro-ordinateurs : 21 %
  • Calculettes programmables : 8 %
  • Jeux : 1 %
  • Aucun matériel : 70 %

Ces chiffres définissent bien le profil des personnes qui fréquentent le Centre Mondial. Ils ne seraient tout de même pas complets, si l'on ne venait y greffer quelques commentaires des animateurs sur les diverses réactions observées :

· les enfants sont toujours spontanés. Ils sont venus pour « toucher » le micro-ordinateur, et ils en profitent sans restriction.

· les adultes sont souvent plus réticents. Certains, même, sont irrités par la présence des animateurs qui tentent de les conseiller ; beaucoup réclament une documentation... qui leur permettrait d'étudier tout cela sans complexe dans un coin.

· les demandes de cours sont assez nombreuses, mais le Centre dont ce n'est pas le rôle se contente d'indiquer les adresses de clubs, et de centres de formation.

· souvent, aussi, des responsables d'associations ou municipaux se renseignent pour mettre en uvre dans leur région ou commune un centre similaire. Pour eux, une brochure est en préparation.

Évaluation juin 1983 sur les visiteurs individuels Réalisée à partir de 615 questionnaires.

Encadré page 7

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UN PEU D'HUMOUR...

Parmi les trois devises du Centre Mondial figure celle de Kuan-Tzu :

Si tu donnes un poisson à un homme

Il se nourrira une fois.

Si tu lui apprends à pécher

Il se nourrira toute sa vie.

Certaines mauvaises langues anglophiles affirment ainsi que le Centre Mondial Informatique prépare le « Fish and Chips » (*) de l'avenir ! Où sont-ils allés pêcher ca ?

Toutes mes excuses, M. Lang, mais la formule « Poisson et puces » n'avait pas le même impact.

Encadré page 2

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