Un jour férié n’est pas automatiquement un jour chômé. Pour l’employeur, sa gestion touche à l’organisation du travail, au salaire et à la paie, avec des règles différentes selon le jour concerné, le secteur et les dispositions applicables. Le 1ᵉʳ mai bénéficie notamment d’un régime spécifique. Pour éviter les erreurs, l’entreprise doit donc vérifier le Code du travail, la convention collective, le contrat et les pratiques prévues dans l’établissement.
Sommaire :
Quels jours fériés sont concernés ?
La France compte onze fêtes légales considérées comme des jours fériés : 1ᵉʳ janvier, lundi de Pâques, 1ᵉʳ mai, 8 mai, Ascension, lundi de Pentecôte, 14 juillet, Assomption, Toussaint, 11 novembre et Noël. Mais leur caractère férié ne signifie pas que tous doivent être chômés. Le calendrier légal fixe les jours concernés, tandis que les règles d’activité déterminent leur traitement concret.
Jour férié et jour chômé doivent être distingués. Sauf régime particulier, un employeur peut faire travailler les salariés lors d’un jour férié autre que le 1ᵉʳ mai. Un accord d’entreprise ou, à défaut, une convention ou un accord de branche peut déterminer les jours fériés chômés ; en l’absence d’accord, l’employeur fixe les jours concernés.
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Comment rémunérer un jour férié non travaillé ?
Lorsqu’un jour férié est chômé, le maintien du salaire dépend notamment de l’ancienneté et du statut du salarié. Le Code du travail prévoit qu’aucune perte de salaire ne doit résulter du chômage d’un jour férié pour les salariés justifiant d’au moins trois mois d’ancienneté dans l’entreprise ou l’établissement. Certaines catégories, notamment les travailleurs à domicile, intermittents et temporaires, ne bénéficient pas de cette règle générale.
À retenir pour chaque paie :
- Vérifier l’ancienneté du salarié ;
- identifier si le jour est effectivement chômé dans l’entreprise ;
- contrôler la convention collective applicable ;
- distinguer absence injustifiée, congé payé et jour férié ;
- conserver une règle identique pour les situations comparables.
Le 1er mai : une rémunération particulière
Le 1ᵉʳ mai constitue une exception majeure. La journée du 1ᵉʳ mai est légalement fériée et chômée, et son chômage ne peut entraîner de réduction de salaire. Pour les salariés payés à l’heure, à la journée ou au rendement, une indemnité correspondant au salaire perdu est prévue par le Code du travail.
Dans certains secteurs, l’activité ne peut être interrompue en raison de sa nature. Le travail du 1ᵉʳ mai ouvre alors droit, en plus du salaire correspondant au travail effectué, à une indemnité égale à ce salaire. Cette indemnité est à la charge de l’employeur.
La gestion doit être rigoureuse dans les entreprises concernées : l’employeur doit identifier les salariés présents, contrôler les heures réalisées et vérifier la bonne application de l’indemnité sur le bulletin de paie.
Un contrôle de paie limite le risque d’erreur ou de rappel de salaire.
Que se passe-t-il si le salarié travaille un autre jour férié ?
Pour les autres jours fériés, la majoration de salaire n’est pas automatiquement imposée par la loi. La Cour de cassation rappelle qu’en dehors du 1ᵉʳ mai, le salarié qui travaille un jour férié a, en principe, droit à son salaire, sauf dispositions particulières prévues par la convention collective ou le contrat de travail.
Cela signifie que l’employeur doit vérifier les dispositions conventionnelles avant de calculer la rémunération. Une convention peut prévoir une majoration, une indemnité, un repos compensateur ou des conditions particulières pour certains secteurs. La règle conventionnelle peut donc être plus favorable que le minimum légal.
Comment gérer les ponts et les congés ?
Un pont correspond à une journée située entre un jour férié et un jour habituellement non travaillé. L’entreprise peut organiser cette journée selon les règles applicables, notamment par une fermeture ou par la prise d’un congé lorsque les conditions sont réunies.
L’employeur doit distinguer congé payé et jour férié. Un salarié en congé n’a pas nécessairement le même traitement qu’un salarié dont la journée est chômée au titre du calendrier collectif. Les dispositions conventionnelles peuvent également prévoir des modalités particulières lorsqu’un jour férié tombe pendant une période de congés.
Pour éviter les litiges, mieux vaut annoncer les règles suffisamment tôt :
- dates des jours fériés chômés ;
- éventuels ponts ;
- modalités de demande de congés ;
- salariés concernés par une permanence ;
- traitement des journées travaillées.

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Cas particuliers : temps partiel, CDD et absence
La gestion des salariés à temps partiel nécessite une attention particulière, car un jour férié peut tomber sur une journée qui n’est pas habituellement travaillée. L’employeur ne doit pas appliquer mécaniquement une retenue comme s’il s’agissait d’une absence. Il faut examiner le planning, le contrat et les règles collectives applicables.
Pour un salarié en CDD, les règles relatives aux jours fériés doivent être vérifiées selon sa situation et son ancienneté. Certaines exclusions légales doivent néanmoins être identifiées avec précision.
L’absence du salarié peut avoir des conséquences sur la rémunération selon sa cause et son régime juridique. Il faut donc éviter les retenues automatiques et contrôler le motif avant toute modification de paie.
Le rôle des règles collectives
La convention collective reste essentielle pour toute entreprise. Elle peut prévoir des dispositions conventionnelles plus favorables sur le salaire, le repos ou les indemnités. Pour chaque secteur, le service paie doit vérifier le texte applicable avant de retenir une règle générale. Les règles conventionnelles comptent particulièrement lorsque le contrat de travail reste silencieux.
La journée de solidarité doit être distinguée d’un simple jour férié. Son organisation répond à des règles spécifiques et ne doit pas être assimilée automatiquement à un jour chômé. L’employeur doit vérifier son articulation avec le calendrier collectif. Cette distinction évite une mauvaise imputation en paie.
La jurisprudence peut préciser l’interprétation des textes. Une décision de la Cass. soc. rappelle notamment qu’en l’absence de disposition particulière, travailler un jour férié autre que le 1ᵉʳ mai n’ouvre pas automatiquement droit à une majoration.
L’article du Code concerné doit être rapproché de la convention et du contrat.
Les erreurs à éviter
Les principales erreurs viennent d’une lecture trop générale des règles. Le droit applicable ne se résume pas à savoir si une date est fériée : il faut déterminer si elle est chômée, travaillée et rémunérée selon quelles modalités.
L’employeur doit notamment éviter de :
- considérer que tous les jours fériés sont automatiquement chômés ;
- appliquer une majoration légale à tous les jours fériés ;
- confondre congés et chômage d’un jour férié ;
- oublier les règles conventionnelles ;
- traiter de façon identique un salarié à temps plein et un salarié à temps partiel sans vérifier leurs horaires ;
- modifier la paie sans contrôler le contrat ou le statut.
Une attention particulière doit être portée au 1ᵉʳ mai, dont le régime déroge aux règles habituelles. Pour les autres dates, la convention, l’accord collectif et les dispositions du contrat peuvent modifier la rémunération ou organiser un repos.
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Une gestion anticipée pour sécuriser la paie
La meilleure approche consiste à préparer les jours fériés avant chaque période de paie. Un calendrier partagé entre ressources humaines, responsables opérationnels et service paie permet d’identifier rapidement les journées chômées, travaillées et les éventuelles majorations.
Une paie correctement réglée suppose ensuite de contrôler les horaires, les absences, les congés et les indemnités avant la validation des bulletins. Cette organisation réduit les erreurs et facilite une application homogène des règles entre salariés.
Une entreprise sécurise sa gestion en distinguant jour férié, jour chômé et jour travaillé, puis en appliquant le Code du travail et les règles conventionnelles. Cette anticipation protège le salaire, les droits du salarié et la conformité de l’employeur.






