Constats d'aujourd'hui et Recommandations, octobre 1997
Guy Casteignau, Constats d'aujourd'hui et Recommandations, Internet, octobre 1997.

Constats d'aujourd'hui et Recommandations

Introduction

La révolution du tout numérique et la capacité de communication des Réseaux interactifs maillés vont développer un nouveau langage universel : « l'Unimedia ». Les pédagogues doivent se donner la possibilité d'échanger « on line » ou sur le net.

Ce site, conçu et géré par l'Université de Limoges, se veut un lieu de mutualisation de la création pédagogique pour les pédagogues du monde entier. Bref il doit permettre d'échanger tout en étant distant.

Il ne peut le faire que grâce à l'interactivité que vous y manifesterez !

Opinions

Opinions : Réflexions des uns, des autres sur l'utilisation du cyberespace, éditoriaux ou billets d'humeur, dans tous les cas, signés, ils font appel à l'échange

Sont regroupés ici sous 2 formes complémentaires :

a. des « Constats d'aujourd'hui » qui sans avoir une portée générale sont néanmoins des images du secteur éducatif tel que nous le connaissons.

b. des « Recommandations pour demain » qui leurs sont liées et qui suggèrent des pistes sur lesquelles il semblerait pertinent de s'engager. Bien entendu tout ceci laisse place à l'échange.

Les pages qui sont présentées ici reflètent les avis, les remarques, les souhaits des acteurs du système éducatif glanés au fil des ateliers de formation, des séances d'information, des discussions de groupe. Elles sont formulées sous forme de constats et de recommandations.

Sans vouloir représenter un éventail consensuel, elles reflètent les grands courants de pensée qui se sont exprimés au cours des journées de formation.

oOo

1. Constats d'aujourd'hui

1.1. Éducation multimédia interactivité et « Autoroutes de la communication »

Les dictionnaires ignorent le substantif « multimédia ». Tout au plus le Larousse propose un adjectif signifiant « relatif à plusieurs médias », sans autre précision.

Certains ont pris le parti de l'écrire comme un mot latin (un multimedium, des multimédia), d'autres le modernisent en substantif (des applications multimédias) Multimédia : quelques passionnés d'informatique font remonter son apparition au Macintosh d'Apple, machine qui intégrait sons et images, dès son origine, en 1984. Pour d'autres, le vocable aurait été lancé en public par Bill Gates, patron de Microsoft en 1986 dans une conférence sur le compact disc read only memory (cédérom). C'est en réalité dès 1976 que la presse américaine en fait mention. Le langage commun s'est emparé du mot, dont la conception simpliste se résume à l'alliance des capacités de communication de la télévision et, par extension, de la vidéo, avec la puissance de l'interactivité de l'ordinateur. Lorsqu'il y a support de type disque compact, associant musique, sons, texte et images, on parle de multimédia « off line » fonctionnant de manière autonome.

On lui oppose le multimédia « on line », contenu informationnel que livrent à distance des réseaux numériques de télécommunication à un équipement de réception.

Les réseaux contractent l'espace planétaire et sont capables d'offrir différents produits et services multimédias (comme la télévision interactive) ou non multimédias (données informatiques comptables) en temps réel.

On les appelle des autoroutes électroniques, autoroutes de l'information, inforoutes.

Les technologies du « tout numérique » : creuset du multimédia

En contractant le temps et l'espace, elles représentent une révolution qui va modifier les comportements de tous et de chacun. En 1994 les ventes grand public et professionnelles d'équipements relatifs aux USA représentent 50% de la croissance économique. Le media linéaire de l'écrit n'est plus le seul accessible.

Aujourd'hui, les volumes d'information sont considérables et « parlants », très vite assimilables intellectuellement et émotionnellement. Un croquis vaut parfois un long discours, les arts ne reposent pas que sur le media écrit.

Depuis la fin du XIXème siècle, la communication sociale s'organise autour du « message » et de sa circulation, elle évolue inexorablement vers le multimédia interactif.

Les outils multimédia d'aujourd'hui n'ont plus rien à voir avec l'informatique d'hier car on ne s'exprime pas, entre êtres humains, de manière hyperstructurée et en alphanumérique. Il y a une grande différence entre les « autoroutes de la communication » et les « autoroutes de l'information ».

Les premières supposent un échange et donc une interactivité totale, en temps réel ; Les secondes font plus appel aux banques de données distantes et aux transferts des données.

1.2. La démarche de l'école est aujourd'hui, disciplinaire, analytique et séquentielle

L'École française est traditionnellement disciplinaire, analytique, séquentielle ;

Elle s'appuie sur le compartimentage des disciplines (découpage taylorien de la connaissance en morceaux) qu'elle examine, les unes à côté des autres, dans des programmes, des horaires qu'elle imposent.

Elle délivre cette connaissance taylorisée pour permettre aux jeunes d'acquérir des savoirs « verticalisés » qu'elle vérifie par des examens adéquats.

L'élève quant à lui, est chargé le plus souvent, par travail et réflexion personnels de recréer la complexité.

Par exemple qu'y a t-il de coordonné et de commun dans les présentations des processus et des applications électriques abordés en une année par une classe confrontée aux programmes de physique, de physique appliquée, de S.v.t., de chimie ?

Qu'y a-t-il de coordonné et d'approche transdisciplinaire concertée dans la perception et la maîtrise de l'espace que doivent intégrer des adolescents au travers des cursus de SVT, d'EPS, de math, de physique ? Trouve t-on rationnel que la même année, les professeurs d'EPS conduisent des activités de course d'orientation en APPN, alors que les élèves examinent certainement les échelles en de multiples occasions dans d'autres disciplines ? Et les échanges linguistiques !

Échange linéaire, de celui qui sait (en général l'enseignant), à ceux qui savent moins (les élèves).

Les outils d'appropriation des connaissances sont réalisés par les adultes pour les adolescents y compris avec l'appui de technologies comme l'Enseignement Assisté par Ordinateur.

Cette pratique basée sur une conception de logique cartésienne conduit à la pratique des opérations d'analyses dont les relations de cause à effet sont examinées au strict niveau des critères quantifiables ;

La logique de l'optimalisation des processus qui est le cur de la Recherche Opérationnelle est basée par conséquent sur l'optimum de fonctions mathématiques ou de modèles approchants. La complexité de la vie n'est qu'imparfaitement rendue par cette démarche simplificatrice qui trouve ses vraies limites chaque fois que le processus implique des critères non quantifiables (décisions politiques liées à la protection de l'environnement par exemple).

Les espaces de liberté que représentent par exemple les modules devraient permettre de reconstituer transdisciplinairement cette complexité, de simuler la réalité. Encore faut-il qu'ils ne soient pas détournés pour « renforcer » les acquisitions insuffisantes de ceux qui ont des difficultés et dans le même temps pour améliorer « la performance » des meilleurs.

Cette démarche analytique, séquentielle et linéaire peut offrir les moyens d'une culture, mais au prix d'un important travail d'intégration de ces éléments à sa vie pour les rendre opérationnels.

Elle permet certes la juxtaposition d'un certain nombre de sujets que l'on connaît bien ce qui permet de « briller » en société. Ce n'est pas, en tout cas une démarche culturelle moderne qui permet d'intégrer les connaissances diverses, provenant de sources extrêmement hétérogènes, que l'on rassemble dans le but de les appliquer dans sa vie personnelle, son métier, ses loisirs, son bonheur de vivre, bref pour donner un sens à sa vie.

1.3. Hier informatique et P.a.o. mais toujours en approche linéaire

L'introduction de l'informatique dans l'enseignement a été une expérience difficile.

Elle reste dans la plupart des cas un échec, en tout cas un investissement considérable dont les retombées ne sont pas à hauteur de l'effort consenti.

Elle a connu des aléas tenant tant aux matériels, qu'aux logiciels disponibles. Le « achetons français » d'une certaine époque !

Elle a connu des aléas liés à la formation des enseignants, à une certaine attitude culturelle de ceux-ci vis à vis de l'informatique. Ajouté à cela, le choix exclusif d'un système peu convivial et

tout ceci explique qu'il a fallu du temps pour que 9 profs sur 10 n'apprivoisent jamais cette « machine à communiquer » que l'on a transformée la plupart du temps en machine à écrire ou en calculette susceptible seulement d'organiser des calculs en lignes et en colonnes.

L'ordinateur est, pour ceux-là un outil de bureautique synonyme de labeur, de productivité, générateur d'ennui, une machine à consommer programmée par des adultes.

Bien entendu, nous faisons exception des progiciels utilisés dans les cursus techniques spécialisés, de l'E.x.a.o qui est sans aucun doute à porter aux chapitres des réussites pour ce qui est de la prise des données

mais à qui il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour arriver au stade de la simulation. Simuler c'est montrer des processus en train de se dérouler, voir des structures se construire, influer sur leur construction virtuelle, vérifier les relations de cause à effet en modifiant les paramètres. Bref c'est tout le domaine de la réalité virtuelle que l'E.x.a.o. d'aujourd'hui ne peut espérer offrir avec nos machines conçues essentiellement pour relever des signaux en mA ou mV.

Le monde moderne pour des raisons d'économie, de protection de l'environnement, dépasse chaque fois qu'il le peut le stade de l'expérimentation pour atteindre celui de la simulation.

À y regarder de près la simulation permet au chercheur de reprendre l'initiative sur la machine puisque celle-ci est soumise à ses initiatives basées sur la complexité du réel et le travail en commun. Elle n'est plus le passage obligé et exclusif de l'expérimentation informative.

Avec cette électronique interactive, nous déboucherons sur l'hypermedia, univers à multiple dimensions dans lequel on navigue à sa guise via l'ordinateur. Ce n'est pas la fausse interactivité du « zappeur » de la télévision qui ne peut trouver que ce que les programmateurs lui octroient comme espace de liberté, mais l'impression parfois justifiée en situation de réussite que l'on maîtrise un territoire de connaissances.

On pénètre dans les espaces, on répond à des questions à choix multiples, on établit des raisonnements, on développe des stratégies, on dépasse les hypothèses pour tendre vers les théories.

On met un pied dans la compréhension de la complexité.

1.4. Matériel et logiciels pédagogiquement inappropriés

1. Le « achetons français » d'une certaine époque asservissant à un système d'exploitation exclusif a conduit l'E.n. à méconnaître d'autres plates-formes représentatives de la réalité industrielle et de la puissance créatrice et ergonomique qui préside au multimédia d'aujourd'hui.

2. Ce choix exclusif d'un système machine au langage ésotérique non convivial, a été ainsi imposé à tous, ce qui a découragé la plupart des non spécialistes.

3. Il est devenu le système standard de référence de l'Éducation Nationale.

4. Avec ce standard, l'ordinateur était essentiellement un outil de bureautique austère, synonyme de labeur, de contrôle, générateur d'ennui. L'élève était strictement « consommateur ».

L'informatique a donc connu des aléas tenant aux matériels, aux logiciels disponibles et à la manière dont certains formateurs ont cru devoir expliquer la manière pédagogique de s'en servir.

5. Certains formateurs enfermés dans leur savoir « informatique », ont essayé de sauvegarder leur « monopole du savoir ». Le plan I.p.t. a, sous cet angle, été un échec ! Résultat : 9 professeurs sur 10 ont une répulsion envers ces machines

6. Reproduire une telle stratégie pour le multimédia et les réseaux conduirait inexorablement au même résultat. D'autant que les constructeurs et les développeurs ont compris la nécessité de rendre compatibles les systèmes. Les ponts Mac/P.c. d'aujourd'hui en sont l'exemple.

7. Attention ! Aujourd'hui, fin 1995, pour le multimédia et par méconnaissance peut être, les cahiers des charges ne sont toujours pas basés ni sur les objectifs pédagogiques, ni sur l'ergonomie.

La leçon a-t-elle été retenue ?

1.5. Aujourd'hui : La révolution technique du tout numérique

Tout signal, (image et son) peut être codé par ordinateur. Il le transmet via un modem et un réseau téléphonique commuté (RTC ou Numéris en France, RNIS ailleurs). Un ordinateur distant le reçoit, le décode, le restitue sur écran (moniteur). Il peut le stocker, l'imprimer ou le projeter sur écran géant ou de télévision. Ceci s'accomplit en temps réel dans le monde entier. Cette fonctionnalité innovante préfigure la télévision interactive de demain ou le téléviseur sera en fait un ordinateur couplé à un écran de télé. Les ordinateurs grand public, sont aujourd'hui capables d'être multimédia (sons, images animées, films télé). Ils sont communicants grâce à des réseaux maillés dont le plus connu est Internet. La révolution technologique du « Tout numérique » induit dans la vie des citoyens des modifications de comportements.

Internet est un réseau de réseaux, sans administrateur particulier, où chacun peut être à la fois serveur, acteur, spectateur, consommateur. La communication est totale, autogérée. Aucune garantie ne peut être donnée sur la fiabilité de l'information, sur la pertinence des avis, sur la moralité de l'échange.

Cet espace de communication est « le cyberespace » utilisé la première fois par William Gibson, auteur de science fiction au début des années 80.

Au sein de l'éducation nationale (Universités et sites pilotes) des innovations ont vu le jour en 1995 qui se résument pour l'essentiel à des expérimentations de vidéoconférences. Le C.n.e.d. et la 5ème chaîne avaient déjà exploré ces voies.

1.6. L'unimédia

Toutes les technologies numériques créent sous nos yeux un nouveau langage électronique que Joël de Rosnay appelle très justement « l'unimedia ». Des problèmes d'éthique, commerciaux, stratégiques vont se poser dans les 10 ans à venir. Pour nous situer par rapport à eux, on peut conduire l'examen de 4 niveaux de performance des ordinateurs de demain en fonction du double contexte lié à la systémique et à la complexité. Situons l'ordinateur dans ces 2 contextes :

– la systémique : l'ordinateur est un élément intégré à un système de communication ;

– la complexité : on doit intégrer des connaissances diverses provenant de sources hétérogènes.

Par rapport à la systémique

– il faut qu'il soit machine carrefour, catalyseur, en réseau

– ce n'est pas une boîte noire devant laquelle les élèves se succèdent pour pratiquer toujours la même tâche

Par rapport à la complexité

– c'est l'outil de compréhension des interactions par la simulation

Un ordinateur multimédia doit être :

– transparent (ne pas savoir ce qu'il y a dedans.), l'ordinateur doit se fondre dans le décor ; ce n'est pas lui qui est important c'est sa fonction.

L'important est de savoir

– comment le professeur et les élèves vont participer ensemble à un travail commun,

– comment l'ordinateur va catalyser une idée innovante qui cadre avec le programme.

– comment on doit utiliser les prises d'information !

– qui est au « bout » de l'échange

L'important n'est pas de savoir par ou passe l'information comme on ignore quelle est la centrale qui au bout du fil électrique génère le courant.

– convergent (plus d'exclusion entre standards compatibilité inter systèmes)

La fameuse exclusion entre le monde D.o.s. et le monde Macintosh est aujourd'hui fausse : les revendeurs et certains formateurs préservent leur pouvoir en entretenant cette idée.

Avec chaque nouveau matériel, les 2 mondes convergent de plus en plus. Les fichiers de texte, de tableurs, d'images des uns sont exploitables par les autres et vice versa La génération de demain des systèmes machines (O.l.e., Open Doc), déjà en version ß renverront tous les logiciels connus aujourd'hui (tableurs, textes, S.g.d.b.) au rayon musée.

interdépendant : il faut utiliser simultanément 6 fonctions essentielles : écrire, mémoriser, dessiner, animer, présenter & communiquer à distance. On comprend toute la valeur qu'apportent les intégrés face aux « logiciels poids lourds » dont on utilise 10% des possibilités et qui surchargent inutilement les mémoires

– « intelligent » : on parle aujourd'hui de « terminal intelligent ». Trois usages essentiels doivent être rendus possibles par les ordinateurs multimédia :

* la simulation : qui recrée une situation nouvelle en analysant toutes les conditions des éléments qui la constituent. Cela peut aller de la simulation de duplication d'une bactérie à des logiciels ou l'ordinateur traduit les actions graphiques de l'utilisateur en équations mathématiques programmées.

* l'exploitation de bases de données visuelles ou textuelles. On étudie l'évolution d'un système dans le temps en croisant des données, en traçant des graphiques, des courbes.

* la présentation multimédia, interactive : ne croyons pas qu'elle est futile

De la volonté de présenter une transformation géologique ou la croissance d'une feuille naît une réflexion très enrichissante. Le scénario est aussi formateur que le spectacle ! Les jeunes cherchent des arguments intelligents, des ordres de grandeur, se demandent s'ils sont en dehors de l'épure. Ils se poseront enfin la question essentielle des limites du modèle.

La base de communication moderne consiste à savoir ce que l'on va dire ou ne pas dire.

1.7. Les réseaux de réseaux

Vers de nouveaux langages

* Nous avons connu traditionnellement le texte écrit illustré depuis Gutemberg.

* puis nous avons connu l'audiovisuel

* maintenant nous connaissons l'ordinateur multimédia

* bientôt nous connaîtrons les réseaux multimédia et la télévision interactive

Il n'y a pas de changement discontinu, il y a des changements d'échelle et de fonctionnalité à traiter l'information et à échanger, dans la capacité à gérer le temps et l'espace de communication. Tous les outils vont s'intégrer à l'ordinateur qui devient le grand carrefour du traitement des informations numérisées pour 10 000 F !

* actuellement on sait fabriquer un magnétoscope sur une puce qui stocke dans une mémoire numérisée et compressée 70 minutes d'informations, sans aucune pièce mobile, ni cassette

* l'ordinateur sait déjà enregistrer le son, le traiter, le travailler, communiquer à distance avec des serveurs

* l'ordinateur sait déjà reconnaître la voix et lui obéir !

Ce qui est important c'est la capacité de fusion que crée l'ordinateur moderne en rassemblant des domaines qui avant n'étaient pas réunis.

* On devrait appeler cette capacité : « le juxtamedia », juxtaposition de savoirs venant de la vidéo, du numérique, de la photo. On croit renforcer un message parce qu'on juxtapose ces éléments de communication : je n'en suis pas convaincu !

* Le « multimédia » c'est un moyen, mais comment exprimer le nouveau langage qui va profiter de la synergie et de l'échange entre ces médias. Avec Joël de Rosnay, nous l'appelons « l'unimedia » pour signifier que c'est un point de départ.

C'est le nouveau défi du futur : un nouveau langage d'échange en tout numérique via les réseaux mondiaux et les réseaux de réseaux.

Les réseaux maillés permettent aux ordinateurs multimédia de communiquer entre eux par le téléphone. Le plus connu est Internet. Internet est un réseau de réseaux mondial, sans administrateur propriétaire, où chacun est à la fois serveur, acteur, spectateur, consommateur.

Ces réseaux véhiculent 24h/24, en direct, des documents multimédia, disponibles et récupérables La communication est totalement libre. Aucune garantie ne peut être donnée sur la fiabilité de l'information, sur la pertinence des avis, sur la moralité de l'échange. Cet espace de communication est « le cyberespace » terme introduit par William Gibson, auteur de science fiction des années 80.

Le cyberespace véhicule la « cyberculture », une auberge espagnole ?

oOo

2. Recommandations

2.1. Ruralité et désenclavement

Le futur immédiat : résolution 59 du nouveau contrat pour l'école. Tout élève quel que soit son établissement, doit pouvoir suivre l'option de son choix. Si elle n'est pas ouverte dans son établissement. Il suivra une formation à distance grâce aux technologies multimédia. (F. Bayrou, sept. 94) parce qu'ils représentent une révolution, les outils multimédia « tout numériques » doivent être introduits sans plus tarder dans les classes.

Les petits établissements doivent bénéficier en premier lieu de la révolution du « tout numérique » pour élargir les choix Les écoles et les collèges devront être les vecteurs de l'appropriation de ces technologies du multimédia et des réseaux par le plus grand nombre, dès le plus jeune âge.

2.2. « Tout numérique » et pédagogie d'aujourd'hui

Au sein de l'Éducation nationale (Universités et sites pilotes) des innovations ont vu le jour en 1995 qui se résument pour l'essentiel à des expérimentations de vidéoconférences. Le C.n.e.d. et la 5ème chaîne avaient déjà exploré ces voies. D'autres aujourd'hui se font jour grâce à des technologies communicantes basées sur les micro-ordinateurs conversant et échangeant 2 à 2 ou en multipoints limités. Ces réseaux maillés (via Numéris & Internet) se développent complémentairement à la vidéo - conférence.

2.3. Les réseaux interactifs multimédia à interactivité totale

Le schéma ci-contre visualise, à titre d'exemple, le réseau Ordivision sur Numéris de la M.a.f.p.e.n. de Limoges connecté à volonté sur Internet.

L'innovation repose :

* sur l'interactivité multimédia totale et,

* sur la factibilité avérée de conduire une assistance technique et de la formation à distance

* sur la capacité de capture de l'information transférée.

* sur la simplicité de manipulation des matériels grand public (MacIntosh) équipés à l'état natif pour le multimédia communicant multi-plateforme (Mac/PC).

2.4. Aujourd'hui : multimédia et approche systémique

Pour bien utiliser les technologies multimédia, il faut les situer dans 2 contextes :

– la systémique : l'ordinateur est un élément intégré à un système de communication ;

– la complexité : intégrer des connaissances diverses provenant de sources hétérogènes.

Par rapport à la systémique :

– il faut qu'il soit machine carrefour, catalyseur, en réseau

– ce n'est pas une boîte noire devant laquelle les élèves se succèdent pour pratiquer toujours la même tâche.

Par rapport à la complexité :

– c'est l'outil de compréhension des interactions par la simulation.

Un ordinateur multimédia doit être :

– transparent (ne pas savoir ce qu'il y a dedans).

– convergent (plus d'exclusion entre standards compatibilité inter systèmes).

– interdépendant : utiliser simultanément 6 fonctions essentielles : écrire, mémoriser, dessiner, animer, présenter & communiquer à distance.

2.5. Approche systémique en classe

La classe va devenir un système de communication multidimensionnel.

Constitué d'éléments interdépendants que sont les élèves et l'enseignant.

Reliés par un même espace, mais susceptibles de travailler ensemble quoique distants, en réseaux interactifs multimédia, « tout numériques ».

2.6. Les choix technologiques d'aujourd'hui

Un ordinateur multimédia doit être :

– transparent (ne pas savoir ce qu'il y a dedans),

– convergent (plus d'exclusion entre standards compatibilité inter systèmes),

– interdépendant : utiliser simultanément 6 fonctions essentielles : écrire, mémoriser, dessiner, animer, présenter & communiquer à distance.

Un réseau doit être maillé, permettre le transfert à grande capacité du son, de l'image animée, du texte et d'une surface d'échange le « tableau blanc ». Il doit être maillé pour permettre l'interactivité totale.

2.7. Aujourd'hui que peut être l'enseignement ?

Le Prof. n'est plus seulement un détenteur de connaissances et de savoir

– il doit être un guide qui oriente la classe,

– un catalyseur qui favorise l'accès à l'info, le travail personnel,

– un éducateur qui favorise la prise de conscience.

2.8. La ruralité est-elle une contrainte fatale ?

Il est incontournable de gérer la ruralité.

Le « nouveau contrat pour l'école » porte dans sa résolution n° 59 l'objectif que des options puissent Êêtre suivies par des élèves d'établissements n'offrant pas ces formations, à distance, au moyen des technologies multimédia.

Les Académies à caractère rural sont tout particulièrement concernées par une telle stratégie. Celles de Limoges, de Corse et d'autres, sont dans cette situation.

Les investissements lourds n'y sont pas généralisables.

Les vidéoconférences interactives ne peuvent pas y être diffusées à cause des coûts.

Il convient de s'orienter vers les technologies nouvelles comme l'ordivision par exemple :

– qui permet de phaser les investissements à partir d'un poste à 30 kF ;

– qui permet d'être conduit sans compétences particulières d'informatique.

2.9. Le possible pour demain

L'ordivision et les réseaux maillés, permettent à tous les acteurs distants d'être, à leur convenance, soit utilisateurs soit auteurs sans avoir à maîtriser eux-mêmes l'informatique.

Ils assurent, pour les utilisateurs de postes de travail individuels, le bénéfice de l'appropriation de la création pédagogique qui permet rapidement l'échange de pratiques, la création et l'échange de banques de didacticiels réalisés par les acteurs eux-mêmes, professeurs et élèves.

Ils permettent de s'affranchir des contraintes imposées par les systèmes lourds et centralisés comme l'exige actuellement les programmes d'enseignement par vidéo conférence.

On peut ainsi, travailler ensemble « tout en restant chez soi » et « mutualiser la production ou les acquisitions » en gérant la distance et son temps.

Ces technologies sont en cours de développement à la M.a.f.p.e.n. de Limoges par exemple depuis 1992.

2.10. Comment travailler ensemble tout en restant au pays

En Lycées et Collèges d'une Académie à caractère rural au moyen d'un réseau interactif multimédia (assistance technique & communication à distance entre professeurs et élèves)

* soit par la prise de mains à distance et la formation

* soit par ordivision et travail au tableau blanc

* soit par vidéoconférence

Ceci permet entre autres avantages d'appliquer la résolution 59 du Contrat pour les nouveaux Collèges.

2.11. Le « tout numérique » et l'éducation

Ces outils de formation et d'assistance technique à distance, sont aisément utilisables par les élèves en poste de travail individuel au C.D.I. par exemple, en travaux dirigés ou en assistance pédagogique pour élèves en difficultés à la maison dans le suivi d'option, de module ou d'atelier non ouverts dans leur établissement avec le professeur sur site distant.

Ces outils de formation et d'assistance technique à distance, sont aisément utilisables par les élèves

* en poste de travail individuel au C.d.i. par exemple, en travaux dirigés ou en assistance pédagogique

* pour élèves en difficultés à la maison

* dans le suivi d'option, de module ou d'atelier non ouverts dans leur établissement avec le professeur sur site distant.

Ces technologies nouvelles induisent des modifications des comportements des professeurs, des élèves, des formateurs, qui font largement appel aux qualités pédagogiques, aux capacités d'innovation des uns et des autres, au travail individualisé ou en petits groupes, aux capacités de communication.

Elles ne demandent que des investissements restreints et phasables.

2.12. Avoir des projets intégrés et cohérents

* Quelle doit être la stratégie des équipes pédagogiques ?

* Savoir ce que l'on veut : caler prioritairement les objectifs pédagogiques.

* Adéquation entre l'outil multimédia et la pratique pédagogique.

* Projets pédagogiques transdisciplinaires en amont de tout investissement tant pour le câblage que pour les machines et les périphériques.

* Favoriser les projets inter établissements et les échanges par réseaux.

* Favoriser les investissements phasés, induits par les projets et ne pas rechercher systématiquement les équipements de masse.

* Ne pas réaliser des investissements qui conduiraient à « la salle de multimédia », mais les intégrer aux centres d'activité de l'établissement.

2.13. Formation et information des professeurs

L'élève doit être impliqué dans la création multimédia comme acteur et non

seulement comme consommateur d'E.a.o. (Enseignement assisté par ordinateur).

Ceci implique une formation des profs.

Le rôle des M.a.f.p.e.n. (Mission académique à la formation des personnels de l'Éducation Nationale) et des I.u.f.m. (Institut universitaire de formation des maîtres) devient essentiel pour ce qui est de la sensibilisation, de l'incitation, de l'appui aux projets, de la formation sur site, de l'assistance technique à distance.

Ceci suppose :

* que les acteurs du système éducatif, quelle que soit leur spécialité, puissent s'approprier rapidement ces outils

* de faire connaître les innovations pédagogiques et les réussites dès la formation initiale, dans un échange de pratiques systématique, assisté par réseau.

* de changer les désignations et les méthodologies de formations actuelles d'informatique, pour favoriser les formations « on line » au travers de l'échange créatif via les réseaux de communication.

2.14. À l'adresse des formateurs M.a.f.p.e.n.

* Professionnalisation des profs par appropriation des nouvelles technologies d'information et de communication.

* Favoriser la façon d'enseigner où le prof. devient le metteur en scène d'échanges conduits par les élèves

* Transmettre le savoir faire multimédia au travers de séquences de formation actives assistées par réseau, avec participation des élèves éventuellement

* Le stage en présentiel ne peut plus être la seule forme à privilégier

* Un mode d'emploi pour utilisateurs « grand public » doit être la règle des formateurs M.a.f.p.e.n. envers la grande majorité des profs qui ne seront jamais des spécialistes techniques.

* Pour ce faire il faut changer la formation continue, travailler par formation et assistance technique conduites à distance par réseau interactif multimédia maillé.

* Favoriser le travail personnel sur machine.

Polémique ou Réflexions

Cyberculture : Le cyberespace développe des capacités, des formes de coopération innovantes, une nouvelle forme de culture. Le partage de la passion.

Les images qui suivent sont des supports de discussion à partir desquelles il convient de réfléchir à l'impact que le « tout numérique » et les « réseaux de communication » imposent à tous grands et petits.

Ces images téléchargeables ne vaudront que par le contexte dans lequel elles seront utilisées.

On trouvera un prolongement remarquable aux pistes qu'elles ouvrent dans l'ouvrage de Joël de Rosnay : « L'homme symbiotique » (Ed. Seuil)

Guy Casteignau

oOo