Jean-Luc Michel, S.N.I.-P.E.G.C., Ateliers informatiques : Finalités générales et recommandations préalables, note interne, 26 octobre 1984.

Texte intégral


Ateliers informatiques : Finalités générales et recommandations préalables

1) Quelques finalités socio-éducatives spécifiques

L'utilisation conjointe de matériels informatiques et télématiques par des publics scolaires et extrascolaires permettrait de resituer l'importance de l'acte éducatif dans l'ensemble du corps social. On pourrait dès lors en profiter pour fixer quelques-unes des finalités les plus urgentes liées aux particularités de l'informatique et de la télématique afin de leur donner quelques chances de se concrétiser efficacement (en particulier tout ce qui concerne les problèmes liés à l'échec scolaire pour la composante « Éducation Nationale », et la pratique de la « culture informatique. pour la composante grand public »).

1) Une éducation à la nouvelle citoyenneté des civilisations de l'information, avec une bonne connaissance et une bonne pratique des diverses technologies de la communication et en particulier de leur complémentarité fonctionnelle ;

2) La capacité de se situer par rapport à un environnement « médiatisé » de plus en plus « artificiel », et constitué principalement de messages de toute nature, charriés indistinctement par les réseaux audiovisuels et télématiques; ce que dans nos analyses passées, nous avons appelé une « distanciation critique » face aux médias ;

3) Une éducation active à l'informatique, à la télématique et plus généralement aux médias, passant par des pratiques personnelles et collectives de découverte et d'appropriation (ou encore de « socialisation ») des outils, des techniques et des codes ;

4) Une éducation technique et scientifique, nécessaire pour affronter les réalités socio-économiques des sociétés post-industrielles. Le hiatus « formation pour un emploi » et « formation purement culturelle » devant être levé à cette occasion ;

5) La maîtrise de la lecture et de l'écriture audio-scripto-visuelle, indispensable pour s'insérer harmonieusement dans une société de l'information (et de l'informatisation) multipliée, et s'y comporter comme un citoyen actif, acteur et responsable... Ceci allant naturellement de pair avec une amélioration des apprentissages fondamentaux en l'absence desquels on ne peut évidemment prétendre exercer la moindre liberté...

2) Quelques grands objectifs

Ce projet devrait au premier chef assurer la réussite des retrouvailles entre la société et son école, aussi nous apparaît-il utile dans cette perspective, de situer quelques-uns des obJectifs spécifiques à l'opération, ces objectifs se trouvant eux-mêmes inclus dans un ensemble plus vaste que nous développerons pas ici, et contenant entre autres des propositions quant à l'Enseignement Assisté par Ordinateur et à l'utilisation des technologies didactiques,...

1) Replacer l'informatique et la télématique dans le champ des « technologies de la communication », à condition que les niveaux de pratique effectivement atteints permettent de faire ressentir ce passage comme un « besoin indispensable », et non comme un gadget supplémentaire...

2) Promouvoir des échanges télématisés entre les groupes scolaires, aussi bien avec des programmes déjà réalisés dans les classes qu'avec des « données » collectées lors d'autres activités « non-informatiques » (il n'y a pas que l'informatique qui compte !...). Des expériences pourraient être tentées sur des échanges de « connaissances », ou encore de pratiques sociales, personnelles ou collectives.

Ceci suppose une extrême vigilance quant à l'architecture des réseaux, laquelle devrait permettre des communications « point à point » à l'aide d'un maillage approprié.

3) Série d'objectifs définis dans les colonnes de l'École Libératrice depuis 1982. Voir à ce sujet l'annexe B.

3) Quelques points essentiels a ne pas oublier...

A) Vis-à-vis de la formation :

1) Offrir un éventail de stages adaptés aux finalités générales et aux besoins. L'articulation entre les objectifs des projets et les contenus de formation devrait être particulièrement soignée afin d'obtenir un « rendement » maximal sur le terrain ;

2) Mieux former les formateurs et les « animateurs » de l'opération aux impératifs actuels en matière d'informatique et de télématique, en n'oubliant pas d'insister fortement sur les usages de ces technologies et sur leur mode d'appropriation collective par les jeunes ;

3) Relier la formation aux pratiques de terrain déjà connues et répertoriées...

B) Vis-à-vis des matériels :

1) Veiller à une compatibilité suffisante. On peut noter que les échanges télématiques permettraient de solutionner beaucoup de problèmes de transfert grâce à des protocoles adéquats d'échanges téléphoniques...

2) Exiger des matériels puissants, performants et fiables, adaptés aux usages que l'on veut en faire...

3) La configuration minimale devrait posséder au minimum 256 kilo-octets de mémoire vive, une unité de mini (ou micro) disquettes faisant office de mémoire de masse, un clavier « Azerty » accentué, une imprimante de bonne fiabilité et naturellement un Modem (modulateur/transmetteur)...

4) Les serveurs équiperaient des centres de regroupement local, à l'échelon municipal, cantonal, départemental ou régional.

5) Fixer des cahiers des charges précis et suffisamment directifs aux constructeurs, vu l'importance du marché...

6) Négocier convenablement les tarifs... (dans le domaine informatique, il existe hélas des exemples de non-négociation...).

7) N'installer que des réseaux locaux capables de s'interconnecter graduellement en « point à point »...

8) Prévoir une alliance aisée et souple entre minis, micros et grands serveurs de manière à laisser le maximum de liberté organisationnelle aux responsables locaux...

9) Prévoir un interfaçage aisé avec les appareils audiovisuels tels que les magnétoscopes, ou les lecteurs de vidéodisques, sans négliger des techniques plus légères telles que la diapositive...

C) Vis-à-vis des logiciels :

1) Prévoir des opérations de téléchargement ou de téléconsultation de logiciels ou de didacticiels...

2) Fixer une place au C.N.D.P. en tant que producteur de didacticiels (par exemple une banque de données pédagogiques et didactiques à la disposition des enseignants).

3) Permettre des télé-utilisations (ou téléchargement) de langages auteurs...

4) Prévoir une utilisation pédagogique de certaines des données « générales » introduites dans les bases locales ou régionales (presse, statistiques socio-économiques diverses, etc.)...

5) Mettre au point des systèmes d'échanges entre des groupes d'élèves, d'apprenants ou de stagiaires, à partir de données collectées et mises en forme par les uns ou par les autres, afin de découvrir la « médiation » subie par des informations, même en apparence « objectives »...

D) Vis-à-vis de l'organisation générale :

1) Veiller à bien articuler la formation et la livraison des matériels avec les objectifs éducatifs...

2) Réserver une part significative à la formation et à la rédaction de logiciels spécifiques...

3) Associer les partenaires sur la base d'un volontariat (même suggéré), ce qui garantira de meilleures réussites pour tous...

4) Prévoir quelques crédits pour des expériences « bien choisies » de constitution de mini-réseaux locaux, interconnectés sur le réseau principal...

5) Ne pas oublier les coûts téléphoniques des consultations télématiques et passer des accords avec la DGT.

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