A.i., Coordination entre les responsables de centres et les animateurs, novembre 1984

Texte intégral


NOTE TECHNIQUE N° 6 27 NOVEMBRE 1984

Coordination entre les responsables de centres et les animateurs

AVERTISSEMENT

La présente note se fixe pour objectif d'imaginer les relations entre les instituteurs, responsables des Ateliers Informatiques et les animateurs chargés de les seconder dans leur tâche d'information et/ou de formation auprès du « grand public » ou des différents clubs spécialisés (cf. note 4 page 3).
De cette coordination résultera « l'image de marque »des Ateliers, ainsi que leur degré de rayonnement vis à vis de leur environnement; d'où l'importance de bien définir les rôles réciproques des principaux protagonistes et de leur offrir à tous des formations susceptibles de les aider dans leur travail de formation ou d'animation...
Rappelons que les animateurs des Ateliers Informatiques devraient se recruter principalement parmi les populations suivantes :

  • Les jeunes concernés par les opérations de Travaux d'Utilité Collective (TUC), entre 16 et 21 ans;
  • Certains chômeurs arrivés en fin de droits;
  • Des pré-retraités et quelques retraités "jeunes" (entre autres des enseignants)...

1. LE ROLE DU RESPONSABLE DE L'ATELIER INFORMATIQUE

Dans cette note, nous nous contenterons de définir les grandes lignes de l'action des instituteurs responsables des Ateliers, sachant que les détails techniques de leurs interventions seront traités par ailleurs (notamment dans le descriptif des contenus de formations dispensées lors des deuxième et troisième sessions de stage).
Il apparaît utile de souligner en préalable l'importance du choix du statut des Ateliers, ne serait-ce que pour préciser les responsabilités des différents intervenants (utilisations scolaires et non scolaires, ouverture à des groupes constitués ou à des associations, liaisons avec d'autres centres informatiques, problèmes de maintenance et de gardiennage, dévolution éventuelle des matériels aux collectivités locales, etc.).
Conformément à l'une des finalités explicitées dès le début, les instituteurs constitueraient l'épine dorsale de l'opération, ce qui imposerait de leur donner rapidement les moyens de susciter l'éclosion d'une véritable équipe d'animation comportant un nombre significatif de jeunes "TUC". A cet effet, ils devraient naturellement bénéficier d'une décharge horaire conséquente, d'au minimum 2 demi-journées (2 X 3 heures ) la première année, dans le but de conduire efficacement les nombreuses missions fort différentes les unes des autres dont ils auraient la responsabilité et dont voici un bref descriptif (non hiérarchisé) :

1) Assurer la première "mise en route" de leur Atelier auprès des publics scolaires de leur "circonscription" ou de leur école. Cette phase initiale revêtira une extrème importance dans les régions où l'opinion publique n'aura pas été assez bien convaincue de l'intérêt de l'opération (...). Pour éviter le moindre faux pas, les instituteurs disposeront de permanences téléphoniques de secours leur permettant de se renseigner immédiatement sur les questions techniques qu'ils ne parvienfraient pas à traiter (des extensions plus télématiques demeurant envisagables par la suite...).
Pour ce qui concerne ce que nous appelons la "circonscription", nous rappellerons que le schéma directeur prévoit d'équiper toutes les écoles d'au minimum un ordinateur muni d'un modem (cf. Note 3, page 19) et que les établissements non équipés se verront offrir des plages d'utilisation des Ateliers, ce qui demandera simplement aux maîtres concernés de se déplacer avec leur classes (on notera qu'ils en ont l'habitude depuis longtemps : stade, piscine, sorties diverses, etc.). Précisons enfin que le plus grand soin devra être apporté à la répartition géographique homogène des centres...

2) Assurer la formation minimale de leurs collègues d'établissement ou de circoncription à l'emploi des logiciels disponibles dans l'Atelier (et inclus dans la dotation de fonctionnement de base).
Il s'agit là d'un premier préalable à une bonne réussite de l'ensemble du dispositif, les collègues enseignants et par delà eux l'opinion publique se révélant attentifs aux éventuels faux pas (même passagers) des systèmes employés... En d'autres termes, il importe que les premiers logiciels utilisés offrent des gages immédiats de leur qualité, voire de leur efficacité...
Ces formations de base pourraient être assurées en concertation avec les IDEN et les "conseillers pédagogiques", sous forme de "matinées pédagogiques".
Naturellement, les compétences personnelles en matière de micro-informatique devraient être recherchées et encouragées, ne serait-ce que dans le but d'assurer une relative pérennité à l'ensemble du dispositif de formation... Ce qui laisserait un terrain expérimental suffisamment vaste à tous ceux qui préfèrent découvrir les possibilités concrètes de l'informatique sans se cantonner dans des déclarations d'intention sur ses usages...

3) Mener les négociations avec les partenaires obligés des Ateliers (municipalités, associations, conseils d'écoles, etc.) dans le but de promouvoir une image positive de l'opération...

4) Mettre au point des conventions d'utilisation avec les partenaires pré-cités. On peut imaginer qu'une structure d'aide au décollage offre des conseils adéquats (par téléphone) et assure la publication (par voie postale ou télématique, de fiches périodiques de remise à jour, de conseils et d'exemples "significatifs" De même, une liste de conventions-type devrait permettre de traiter de la quasi- totalité des cas possibles (les cas non prévus faisant justement l'objet de conseils "personnalisés" de la part des cellules régionales de pilotage ).

5) Assurer éventuellement le démarrage de quelques "formations pilote" destinées à des publics non scolaires (initiation pour ce qui se raporte au grand public, ou information plus détaillée pour des groupes plus homogènes). Ces actions devraient être soutenues par une logistique suffisante, s'inscrivant dans l'orientation générale de l'accompagnement et du suivi pédagogique des actions d'information ou de formation...

6) En fonction des compétences personnelles et des goûts des responsables d'ateliers, il n'est pas impensable d'envisager que certains d'entre eux s'adonnent à encadrer des stages de formation à quelques uns des principaux usages de l'informatique... On assisterait ainsi à une démultiplication quasi "terminale" de l'opération. Naturelle- ment, ce genre de situations a peu de chances de se produire très souvent dans la réalité, sauf si les formations générales et les produits multimédia d'accompagnement se révèlent suffisamment incitatifs et porteurs...

7) S'entraîner à leur rôle d'animateur d'une équipe : Cette activité semble être l'une des plus faciles à obtenir, étant donnée la grande habitude des instituteurs dans ce genre de domaines (et à condition qu'un temps suffisant soit réservé à une mise à niveau concernant la pédagogie des adultes)...

8) S'entraîner au recrutement des animateurs des ateliers, et notamment des jeunes TUC : Les "TUC" ne devant pas rester trop longtemps attachés aux ateliers (afin de ne pas les "fonctionnariser "), les instituteurs devront régulièrement en recruter de nouveaux, d'où l'importance d'une formation spécifique à ce genre de tâche (cf. stage N° 2, note 5, page 4)...

9). Assurer la formation technique des futurs animateurs (TUC et autres) à l'emploi du nano-réseau et à l'ensemble des logiciels disponibles. Ceci permet- trait aux instituteurs de confier assez vite aux animateurs une partie non négligeable de leur travail de contact direct avec les usagers des Ateliers

10) Assurer une partie de la formation "pédagogique" des animateurs, notamment en ce qui concerne la relation à entretenir avec le public des Ateliers Cette formation "directe" de l'équipe se trouvera complétée par des stages décentralisés, organisés spécialement pour les animateurs, ce qui aura entre autres effets celui de confronter puis d'harmoniser en partie les pratiques...

11) A moyen terme, assurer une ou plusieurs forma- tions spécifiques susceptibles de répondre à des demandes locales : Des actions de ce type présenteraient entre autres attraits celui de repositionner l'école comme "pôle moteur de la société", ou en d'autres termes comme un lieu où "il se passe quelque chose d'attractif et d'utile.
On y trouverait des partenaires associatifs, mais aussi des membres du "tiers secteur", de l'économie sociale, ainsi que des PME/PMI locales

12) Développer assez rapidement des actions de formations aux langages (ou aux systèmes) auteurs qui permettront à tous les utilisateurs institutionnels des ateliers d'apprendre à "paramétrer " les logiciels en fonction de leurs besoins et de ceux de leurs groupes. Cette préoocupation pourrait même être déclarée prioritaire et se voir "lancée" dans tous les Ateliers en 86 à la faveur des actions nationales "recommandées" (décentralisation oblige) par la cellule nationale.
On ferait ainsi d'une pierre deux coups : En premier lieu, une offre incessante de stages "nationaux" (ou régionaux...) destinés à maintenir à niveau les responsables (et dans une moindre mesure les animateurs); et en second lieu, le maintien d'un cohésion interne à l'ensemble de l'opération, passant par des échanges permanents entre les différents responsables locaux et régionaux.

13) Savoir "monter" ou simplement encourager des dossiers "innovants", s'inscrivant notamment dans les perspectives d'échanges de données entre groupes scolaires et non scolaires (cf. l'annexe comportant des articles de l'ECOLE LIBERATRICE décrivant ces opérations en janvier 83 et mai 84).

14) Coordonner ses activités propres avec celles des Ateliers voisins, de façon à tenter de créer des synergiess positives permettant de renforcer l'action de tous les partenaires de l'opération.

15) Ne pas négliger ses propres élèves (pour le cas fort improbable où cette éventualité se rencontrerait) et penser à les emmener assez souvent travailler sur les ordinateurs ¡ !....

Comme on l'aura constaté, le rôle de l'instituteur, chargé de la responsabilité des Ateliers Informatiques apparaît assez lourd, pour ne pas dire écrasant... D'où la nécessité absolue de bien définir les formations qui seront offertes, ainsi que leur échelonnement dans le temps...
On peut tout de même rappeler en conclusion que chaque centre se trouvant doté d'une importante autonomie quant à ses choix pédagogiques et ses stratégies d'action vis à vis du grand public, le catalogue ci-dessus présente un tour d'horizon des différents rôles possibles des Ateliers Informatiques... Il appartiendra aux partenaires impliqués de définir eux-mêmes leurs priorités en fonction des compétences locales, et des besoins ressentis ou exprimés par les usagers non scolaires et scolaires...

2. LE ROLE DES ANIMATEURS...

Avertissement préalable : Les animateurs ne devraient en aucune façon devenir des permanents des ateliers, aussi est-il indispensable de réserver une grande mobilité à cette fonction. Naturellement les compétences qu'ils auront pu acquérir leur permettront éventuellement de s'insérer dans la réalité socio professionnelle de la région, en trouvant des emplois correspondant aux qualifications développées dans les ateliers.
Pour que ce principe soit respecté, il importe donc de fixer clairement les attributions des animateurs (principalement les jeunes) et de leur offrir des activités leur permettant de mieux assurer leur insertion sociale et professionnelle.

Le rôle des responsables des Ateliers ayant été préalablement défini, celui des animateurs pourra s'en déduire assez facilement. Rappelons simplement qu'il convient de prévoir une grande mobilité des animateurs, ne serait-ce qu'en raison du statut des jeunes "TUC"; ce qui obligera les responsables à consacrer un temps permanent à leur co-recrutement et à une partie de leur formation technique et pédagogique de "terrain" (en relation avec des centres locaux et/ou régionaux de formation).
Il convient en outre d'insister aussi sur l'importance d'une ouverture suffisante des Ateliers leur permettant de trouver en leur sein, parmi leurs jeunes utilisateurs, une partie de leurs futurs animateurs qui pourront à leur tour prendre en charge quelques unes des tâches de sensibilisation, d'information, voire de formation. Il importe en effet de ne pas exclusivement centrer le "recrutement" des Ateliers sur des organismes extérieurs (ANPE par exemple). On peut facilement concevoir que certains, parmi les plus "motivés" des jeunes usagers, puissent faire profiter de leur expérience (et de leur enthousiasme) des catégories de publics désireuses de s'initier rapidement à quelques uns des usages les plus "significatifs" de l'informatique ou de la télématique (de nombreuses expériences de ce genre ont déjà été menées avec succès...).
On ne peut enfin oublier que les Ateliers devront être ouverts à leur environnement et accueillir des actions concertées de formation avec des organismes indépendants. Les animateurs pouvant dans ce cadre être amenés à travailler avec des formateurs extérieurs spécialisés (selon des modalités qu'il conviendra de mettre au point sous forme de conventions).
Voici un bref survol du rôle des animateurs :

LES OBJECTIFS POURSUIVIS

1) Vis à vis du public des ateliers

Comme il ne saurait être question de confier aux instituteurs la totalité des tâches d'animation et de formation des ateliers, il apparaissait logique de se tourner vers des animateurs destinés à les aider, d'où le recours à des jeunes "TUC".
On peut donc considérer que ces animateurs devront remplir les fonctions suivantes :

1) Assister les responsables des ateliers dans l'accueil des visiteurs, dans la mise en route des matériels ainsi que dans la petite maintenance.

2) Prendre en charge progressivement l'animation en commençant par les groupes constitués (dans les régions où il y aura), puis les visiteurs individuels. Les animateurs seront ainsi amenés à intervenir auprès de publics "jeunes" au début (scolaires et/ou clubs), puis moins jeunes, aussitôt que leurs compétences se seront développées.

3) Selon leurs goûts et leurs capacités, les jeunes animateurs pourront progressivement prendre en charge des tâches de plus en plus spécialisées, comme des sessions de formation aux usages professionnels de l'informatique.

4) Participer (soit en tant qu'animateur, soit en tant que formateur) à des recherches et/ou à des mises au point de programmes professionnels correspondants à des attentes non satisfaites par des progiciels standards. L'accent pourra être mis soit sur le paramétrage de ces progiciels (c'est à dire leur adaptation aux cas rencontrés), soit sur de la programmation originale sur des langages de haut niveau.

2) Vis à vis des jeunes animateurs eux-mêmes

Les ateliers informatiques ne devraient pas présenter comme moindre mérite celui de permettre à des jeunes de s'insérer ou de se réinsérer dans le corps social.

oOo