Bilan d’entreprise comptable : comment l’interpréter ?

Le bilan d'entreprise est un document comptable qui donne les résultats des comptes, l'actif, le passif, les dettes, immobilisations et un image globale de la santé financière à un instant T. Voyons comment lire et surtout bien comprendre un bilan d'entreprise !
bilan d'entreprise

Pour un dirigeant d’entreprise comme pour un client, un fournisseur ou même un salarié, la lecture du bilan d’entreprise apporte de nombreuses informations sur la santé générale d’une société à un instant donné. Il fournit aussi de précieuses données sur la fiabilité et la valeur financière d’une entreprise. Le problème, c’est de réussir à bien lire ce bilan comptable d’entreprise : il y a des chiffres partout et des termes compliqués, dont certains ne sont pas toujours clairs dans l’esprit du néophyte en comptabilité.

Qu’est ce qu’un bilan comptable d’entreprise ?

En comptabilité, la définition du bilan d’une entreprise correspond à un état de sa situation financière à un instant T. Il est généralement effectué à la fin de l’année fiscale d’un exercice par un expert comptable. Les gens disent souvent que le bilan est une image d’une entreprise. Ce tableau fait partie des documents qui constituent les comptes annuels de la société dans le dossier fiscal (compte de résultat, bilan, annexe, etc.). Il est essentiel pour la gestion d’une entreprise car c’est une aide à la décision.

Que faut-il vérifier en premier dans un bilan d’entreprise ?

Le premier critère que vous devez repérer est la cohérence, ce qui va se vérifier par l’étude de l’équilibre des ratios entre les différents éléments du bilan.

Qui s’intéresse au bilan d’entreprise ?

Dans le monde du business, savoir lire entre les lignes d’un bilan d’entreprise est une compétence cruciale pour bien choisir ses partenaires en affaires ou analyser la concurrence. Cette connaissance permet aussi de s’informer avant d’entreprendre une opération financière avec une entreprise donnée, comme un rachat ou une fusion. Le bilan d’entreprise peut se demander sur internet sur des sites spécialisés, mais il faut savoir que la fourniture des documents comptables est à la charge de l’entrepreneur. Il peut donc essayer de dissimuler l’état de santé de son entreprise, d’où l’intérêt de s’adresser à des professionnels pour obtenir des informations financières fiables.

bilan d'entreprise indicateurs

Par exemple, si vous êtes client d’une entreprise et que vous envisagez de lui passer une grosse commande pour 1 million d’euros par exemple, vérifiez le CA annuel de l’entreprise. Si celui-ci est aux alentours de 200K, il serait plus prudent de consulter cette société pour lui demander comment elle envisage de faire face à cet afflux soudain de production. Si vous êtes en train de choisir un fournisseur de produit fini qui achète lui-même sa matière première, il peut aussi être important de savoir si sa trésorerie a la capacité d’attendre votre paiement dans l’intervalle.

Quels indicateurs repérer ?

Certains chiffres-clés donnent déjà des indications sur la santé financière d’une entreprise, comme les capitaux propres et le fonds de roulement, qui s’obtient en déduisant le passif de l’actif. Intéressez-vous aussi à la marge brute (le CA déduit des achats directs) et à l’EBE, c’est-à-dire le cash obtenu par l’entreprise sur la période.

Attention aux interprétations hâtives : la bonne santé financière n’est pas forcément liée à une bonne rentabilité, et inversement. Pour vérifier une impression à la lecture du bilan d’entreprise, il faut se plonger un peu plus dedans pour s’intéresser à la croissance du chiffre d’affaires et des bénéfices, mais aussi étudier la rentabilité (ratio CA/résultat), la capacité à rembourser ses dettes, le ratio CA /frais financiers et surtout sa solvabilité.

Faites aussi attention à la période analysée : le bilan d’entreprise donne en effet une image figée à un moment précis des chiffres de l’entreprise, il ne vous dit pas si l’investissement sur le long terme en vaut la peine et ne révèle pas la future rentabilité de la société.

L’entreprise est-elle en bonne santé ?

Pour déterminer la santé d’une entreprise à un instant T, il faut mettre en rapport les différents ratios pour étudier leur cohérence. Si le résultat net entreprise est en baisse, mais que le CA est en hausse par exemple, cela peut signifier que l’entreprise perd de la marge et cherche une stratégie pour s’adapter. À l’inverse, si c’est le CA qui est en baisse et le résultat net en hausse, du moment que la variation n’est pas trop importante, ce n’est pas rédhibitoire. Par contre, si la trésorerie et les résultats sont tous les deux faibles, c’est un signal de fragilité inquiétant. Un CA en baisse accompagné d’un résultat négatif et d’une baisse simultanée des effectifs n’est jamais bon signe.

comprendre un bilan d'entreprise

De manière générale, toute variation brutale ou incohérente de ces ratios pose question : il vaut mieux jouer cartes sur table et discuter avec l’entreprise pour éclaircir la situation plutôt que de prendre un risque. L’incohérence peut être justifiée par la taille de l’entreprise, par la nature de l’activité ou encore par le contexte actuel, mais il vaut mieux être prudent.

Actifs et passifs, comment lire le bilan d’une entreprise ?

L’actif représente ce que possède l’entreprise à un instant T, et le passif ce qu’elle doit au même moment. La mise en rapport des deux donne le fonds de roulement et permet de vérifier si une entreprise a une santé financière. Par exemple, si une entreprise a des dettes importantes et une trésorerie faible dans le même temps, c’est un indicateur de fragilité. Même constat pour un mauvais ratio total de dettes/fonds propres. Pour une entreprise qui a une petite trésorerie et des créances importantes, on peut en déduire elle ne sera pas forcément capable de récupérer son dû en cas de besoin ou de mobiliser des fonds pour un investissement.

Dans l’idéal, le ratio actif/passif doit être équilibré : les montants inscrits au passif doivent pouvoir trouver leur équivalent en actif et inversement.

Les actifs

Ils se composent des immobilisations, des stocks, des créances et de la trésorerie. Les immobilisations sont des formes d’investissements de nature incorporelle, corporelle ou financière qui n’ont pas encore fait de petits. Il peut s’agir d’un fonds de commerce, d’un dépôt de garantie, d’un immeuble ou encore de matériel. Les stocks de leur côté représentent ce que l’entreprise possède en attente d’utilisation, comme les matières premières, des travaux en cours ou bien de la marchandise. Les créances quant à elles se composent de remboursements d’impôts et de TVA attendus ainsi que des dus clients, tandis que la trésorerie désigne le solde des comptes bancaires.

Les passifs

Les fonds propres désignent le capital apporté, le résultat et les réserves non distribués. Ils se constituent petit à petit au cours de la vie de l’entreprise. Les dettes, comme leur nom l’indique, concernent les dus fournisseurs, les emprunts dus, les comptes courants des associés, ainsi que les cotisations sociales et les impôts qui n’ont pas encore été payés. Tout cela compose les passifs d’une société.

La période

Sur un bilan d’entreprise, elle est représentée par la lettre N et désigne en général l’exercice comptable d’une année (12 mois), mais cette période peut être raccourcie en fonction de la date de clôture. À titre de comparaison, la mention N-1 représente les résultats produits de la période précédente.

VOIR AUSSI : Création d’entreprise : comment faire un business plan ?

Processus du compte de résultat

Comment déterminer si une entreprise est bénéficiaire ou déficitaire ? Il faut étudier son compte de résultat, c’est-à-dire un bilan des opérations sur une période donnée (généralement 12 mois) et non à un instant T. Il consiste à déduire du chiffre d’affaires (c’est-à-dire l’ensemble des opérations de vente de la période) un certain nombre de charges, et dans un ordre précis. Le résultat du calcul obtenu s’apprécie sur une période et déterminera si l’entreprise est en bénéfice (charges inférieures au CA) ou en déficit (charges supérieures au CA).

La marge commerciale ou marge de production

Ne confondez plus marge et bénéfice : la marge de production renseigne sur la rentabilité des opérations, une fois déduction faite des charges de matières. Cette dernière s’obtient en soustrayant les ventes au coût d’achat des marchandises vendues (coût d’achats sur la période + variation des stocks).

La valeur ajoutée

C’est la rentabilité des opérations une fois que l’on a déduit l’ensemble des fournisseurs, à répartir entre les salariés, l’État et l’entreprise. Elle se calcule en soustrayant la marge de production (ou commerciale) aux charges externes.

Les salariés représentent à la fois les salaires et les charges sociales, l’État les impôts et l’entreprise à la fois ses investissements et la rémunération qu’elle distribue aux associés.

L’excédent brut d’exploitation (EBE)

Sur un compte de résultat, le bénéfice brut d’exploitation est l’une des données les plus importantes. Il se calcule en soustrayant la valeur ajoutée aux charges du personnel ainsi qu’aux impôts et taxes. C’est lui qui permet de calculer le CA hors taxe d’une entreprise ainsi que les dépenses qui ont été nécessaires pour l’atteindre. Il représente donc la rentabilité économique de l’activité elle-même, et permet de savoir si une entreprise est viable ou non. S’il est négatif, il signifie que la société n’a pas été rentable sur la période analysée. Il peut s’agir d’un incident de parcours ou cela peut traduire des difficultés par exemple liées à la crise sanitaire.

Le résultat d’exploitation et le résultat courant avant impôt

Le premier s’obtient en déduisant l’EBE des dotations aux amortissements et prévisions, puis on obtient le résultat courant avant impôt en additionnant le résultat d’exploitation et le résultat financier.

Le compte de résultat

C’est soit le bénéfice, soit le déficit sur la période analysée par le bilan. Bien entendu, il vaut mieux que le compte de résultat soit positif, mais il faut aussi qu’il suffise aux besoins de l’entreprise. Si l’entreprise est en déficit sur la période donnée, ce n’est pas forcément rédhibitoire : dans ce cas, on va s’attacher à analyser à quel moment du compte de résultat le chiffre passe en négatif : plus il arrive vers la fin, moins c’est « grave ». Par exemple, un déficit peut être dû à des opérations exceptionnelles (l’entreprise conserve sa pérennité et sa structure n’est pas forcément en cause), mais un EBE négatif indique quant à lui un manque de rentabilité de l’activité, ce qui peut conduire à remettre en cause le modèle économique même de l’entreprise.

Voici les autres questions régulièrement posées à ce sujet :

  • Comment trouver le bilan d’une entreprise ?
  • Qu’est-ce que le bilan de l’entreprise ?
  • Comment élaborer un bilan ?
  • Comment se présente un bilan comptable ?
  • Comment on fait un bilan financier ?
  • Comment faire un bilan financier simple ?
  • Quelle est la différence entre le bilan financier et le bilan comptable ?
  • Pourquoi faire un bilan financier ?
  • Quelle est l’utilité d’un bilan ?
  • Qui a l’obligation de faire un bilan comptable ?
  • Pourquoi un bilan Est-il obligatoire et important pour toutes les entreprises ?
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