L’ère des simples assistants conversationnels est déjà dépassée ! Avec le lancement de Computer, Perplexity franchit une nouvelle étape dans la course à l’IA dite agentique et répond directement à Codex d’OpenAI et CoWork d’Anthropic. L’ambition n’est plus seulement de répondre à une question ou de corriger un texte, mais de prendre en charge un projet complexe dans sa globalité. Codage d’une application, élaboration d’une stratégie marketing, organisation de tâches sur plusieurs semaines : l’outil promet d’orchestrer l’ensemble du processus en mobilisant différents modèles d’intelligence artificielle.
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Un chef de projet algorithmique
L’originalité de Computer tient à son rôle d’orchestrateur. Là où d’autres solutions misent sur un seul modèle propriétaire, Perplexity adopte une approche modulaire. Le système analyse la demande, identifie les compétences nécessaires, puis sélectionne les IA les plus pertinentes pour chaque segment du projet.
Pour le raisonnement complexe, il peut s’appuyer sur Claude Opus 4.6 d’Anthropic. Pour la recherche approfondie, c’est Gemini qui peut être mobilisé. La génération d’images ou de vidéos fait intervenir des outils spécialisés comme Veo 3.1, tandis que d’autres modèles sont sollicités pour des tâches rapides ou nécessitant l’analyse de contextes volumineux.
Cette logique de dream team automatisée reproduit ce que certains utilisateurs avancés faisaient déjà manuellement : naviguer entre plusieurs IA selon leurs points forts. La différence est qu’ici, l’arbitrage et la coordination sont assurés par un agent central, sans intervention humaine continue.
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Une architecture cloud pensée pour la sécurité
L’autre distinction importante est que Computer fonctionne intégralement dans le cloud. Les tâches sont exécutées dans des environnements virtuels isolés, dotés de navigateurs, d’outils intégrés et de systèmes de fichiers dédiés. L’objectif est d’éviter les risques liés à l’exécution locale de scripts ou de plugins non vérifiés.
Cette approche contraste avec des initiatives plus ouvertes, comme OpenClaw, qui avaient misé sur une autonomie poussée, parfois au détriment du contrôle. Certaines expérimentations avaient suscité des inquiétudes en raison d’actions non souhaitées ou de failles potentielles liées à des extensions tierces.
En adoptant un modèle plus fermé, Perplexity cherche à rassurer : les intégrations sont filtrées, les environnements cloisonnés, et l’utilisateur conserve un cadre plus maîtrisé. Cela ne supprime pas tous les risques, mais limite les scénarios les plus problématiques, notamment en matière de cybersécurité.
Vers une délégation accrue des tâches intellectuelles
Avec Computer, Perplexity s’inscrit dans une tendance plus large : celle d’IA capables non seulement de produire du contenu, mais d’enchaîner des actions, de planifier et d’optimiser des processus sur la durée. La promesse est séduisante : déléguer des projets entiers à une machine, réduire le temps passé sur des tâches répétitives et accélérer le développement d’idées.
Il reste toutefois une réalité incontournable : ces systèmes demeurent perfectibles. Les modèles peuvent commettre des erreurs, interpréter incorrectement une consigne ou produire des résultats approximatifs. La supervision humaine, la vérification des livrables et la sauvegarde régulière des données restent essentielles.






